Du temps des Orange
(contexte historique 1814 - 1839)














La paix ! Enfin la paix. C'est ce que promettent les diplomates des grandes puissances européennes, réunies à Vienne en cette année 1814. Napoléon Ier, qui mettait le continent à feu et à sang depuis près de vingt ans, vient de subir une écrasante défaite. Paris est tombée aux mains des Anglais, des Russes, des Autrichiens et des Suédois coalisés. La France est contrainte à renoncer à ses prétentions de conquêtes et son empereur est exilé à l'ïle d'Elbe. L'Europe va une nouvelle fois être repartagée, ses frontières redessinées.
















Portrait de l'empereur Napoleon Ier
par Jean Auguste Ingres (1806).
(ill.10)
































Le territoire des anciens Pays-Bas autrichiens (qui correspond dans ses grandes lignes à celui de la Belgique actuelle) va être cédé au royaume de Hollande. Par prudence. Pas question de le laisser à la France, ni de le rétrocéder aux Autrichiens : c'est trop dangereux pour l'équilibre européen. Impossible aussi de laisser les Anglais ou les Prussiens s'y installer : ces "Provinces du Nord" sont trop riches, trop stratégiques. Le Grand-Duché de Luxembourg est également confié au roi des Pays-Bas, à titre personnel.




























Hélas, la paix entre voisins allait être de courte durée...

Napoléon a débarqué à Marseille, triomphant. Guillaume Ier d'Orange-Nassau, souverain des Pays-Bas et grand-duc de Luxembourg, n'a quasiment pas le temps de lever une armée lorsqu'il apprend, quelques mois plus tard, que les troupes françaises se dirigent sur Bruxelles à marche forcée. Toute l'Europe se ligue pour leur faire mettre genou à terre. Une fois pour toutes.






Gravure représentant le roi Guillaume Ier en 1815. (ill.4)


















































Le choc décisif aura lieu à Waterloo en juin 1815. Les Français et leur empereur sont contraints à capituler.

Pour les "Pays-Bas" (Belgique, Hollande et Luxembourg), cet affrontement tragique et démesuré marque le début d'une période de paix d'une quinzaine d'années, sous les couleurs hollandaises.

Une alliance politique un peu contre nature pour la Belgique catholique, qui garde en mémoire les conflits sanglants des guerres de religion contre ses voisins du nord, protestants. Que dire des rivalités séculaires entre les ports d'Anvers et d'Amsterdam ?








Napoléon apprend qu'il est en train de perdre la bataille de Waterloo suite à l'arrivée des renforts prussiens. (ill.19)








































Le roi Guillaume Ier va mettre tout en oeuvre pour accroître la prospérité de son pays, entre autres dans les régions les plus défavorisées. Il encourage résolument le développement de l'activité économique, notamment dans le secteur sidérurgique. Sous son implusion, le réseau des voies navigables va s'étendre de façon significative, reliant les zones de production aux grandes plaques tournantes du commerce international.

Le souverain néerlandais jouera un rôle décisif dans la mise en chantier du "canal de Meuse & Moselle", destiné à mettre le Grand-Duché de Luxembourg en communication commerciale avec le reste de l'Europe.

Si Guillaume d'Orange se montre être un despote éclairé en matière économique et financière, il ne brille cependant pas par ses qualités de diplomate. Son règne est ponctué d'une série de maladresses politiques qui finissent par le rendre très impopulaire dans le sud du pays.







Par la "Loi fondamentale" (Grondwet) qu'il avait instituée, Guillaume Ier s'arrogeait des pouvoirs quasi dictatoriaux. (ill.4)






















En août 1830, la tension est à son comble : l'imposition du néerlandais comme unique langue nationale, les vexations infligées aux catholiques, l'augmentation des impôts, la censure de la presse et la laïcisation de l'enseignement font déborder le vase. Les Belges se soulèvent et chassent les Hollandais. Quelques combats mémorables secoueront Bruxelles (les fameuses "Journées de septembre"), mais les troupes du roi Guillaume n'opposeront pas de vraie résistance : la détermination des insurgés est acharnée. Une contre-attaque serait aussi sanglante qu'inutile.









A l'entrée de la place royale de Bruxelles, "Charlier jambe de bois", un ancien de Waterloo, tient en respect les troupes hollandaises au bout de son canon. (ill.2)

















Les Néerlandais n'auront pas le temps de rassembler leurs forces pour revenir imposer leur souveraineté : quelques jours après, un gouvernement provisoire proclame l'indépendance de la Belgique. Bientôt, les grandes puissances européennes, réunies à Londres, reconnaissent le nouvel état et sa constitution.

Seul le sort du Grand-Duché de Luxembourg restera incertain durant neuf longues années encore. Si ses habitants souhaitent le rattachement à la jeune Belgique, la Confédération germanique, dont fait partie le Luxembourg, a mobilisé des troupes pour garantir la souveraineté de Guillaume Ier.














Une garnison prussienne prend possession de la forteresse de Luxembourg-ville, lançant des expéditions punitives dans les hameaux à la ronde. Les rivalités entre les partisans de l'indépendance et les "Orangistes" provoquent de nombreux incidents graves. Le traité des "24 articles" (1839) finira par scinder en deux ce territoire, la partie ouest devenant l'actuelle province belge du Luxembourg, l'autre restant aux mains de la famille d'Orange-Nassau.



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