Des bateaux à travers le Luxembourg ?
(Contexte économique)























La chance qui s'offre au nouveau royaume des Pays-Bas, dès 1814, est de pouvoir tirer parti à la fois des importantes ressources agricoles et industrielles des provinces du sud et du réseau commercial étendu de la marine néerlandaise. Guillaume Ier l'a bien compris, lui dont les possessions s'étendent jusqu'en Indonésie et en Guyane, lui que passionnent les projets économiques et les montages financiers.

Cependant, il y a fort à faire pour ramener la prospérité en Belgique, épuisée par tant d'années de conflits. Les installations industrielles sont vétustes et dispersées, les moyens de communication peu fiables - voire inexistants (en particulier au Luxembourg) -, les investisseurs rares et timides. Que dire des finances de l'Etat, englouties déjà dans le remboursement de la dette publique...













L'invention, par l'écossais James Watt (1769), d'un modèle de machine à vapeur réellement fonctionnel allait révolutionner la production industrielle. (ill.16)



































Premier axe de la politique économique du roi Guillaume : la recherche de capitaux. S'il eut recours, dans un premier temps, aux impôts et aux emprunts, il chercha surtout à développer de nouveaux instruments financiers, tels que le papier-monnaie et la société anonyme. L'histoire retiendra son implication dans la fondation de la "Société générale des Pays-Bas" (devenue la célèbre "Société générale de Belgique", avant d'être rachetée par le groupe Suez), qui devait mobiliser la fortune foncière de l'Etat et des grands propriétaires du Sud. Il lui faudra consolider considérablement cette institution de ses propres deniers pour que de nouveaux actionnaires acceptent de faire confiance à la société, appelée à jouer un rôle majeur dans le développement de l'industrie.















En marge de la gestion des nombreux domaines agricoles et forestiers qui constituent son capital, la "Société générale" est appelée à jouer le rôle de caissier de l'Etat et d'institut d'émission de billets de banque. Ce n'est que dans un deuxième temps qu'elle investira ses moyens financiers dans l'encouragement de l'activité économique. (ill.13)




























Sous le règne de Guillaume Ier, les entreprises textiles, la production houillère et la sidérurgie connurent un essor important, notamment à cause des progrès de la machine à vapeur et de la mécanisation. John Cockerill fut un des acteurs principaux de la modernisation de la métallurgie, promise à un bel avenir dans la région mosanne. L'industrie du zinc et la fabrication de cristal se développèrent aussi de façon significative.







Guillaume Ier à Seraing avec John Cockerill, devant l'ancien château des princes-évêques de Liège, que ce dernier vient de racheter à l'Etat pour y rassembler ses usines de fabrication de machines à vapeur et de métiers à filer. (ill.4)












































En parallèle à ces investissements, Guillaume veilla aussi à améliorer les voies de communication fluviales avec les grands ports de son pays. De nombreux canaux seront aménagés, comme celui qui relie Pommeroeul à Antoing, Gand à Terneuzen ou Bruxelles à Charleroi. La Sambre sera canalisée, ainsi que l'Ourthe, sur une partie de son cours : c'est le fameux projet du canal de Meuse & Moselle, porté par la "Société du Luxembourg".





La réalisation du canal de la Sambre sera l'oeuvre d'un brillant ingénieur, Rémi De Puydt, auteur du projet du canal de Meuse & Moselle. (ill.4)

























Si tous ces progrès économiques renforcent indiscutablement la prospérité de la bourgeoisie commerçante et industrielle, la situation des classes ouvrières et des petits agriculteurs reste extrêmement critique. En vérité, l'aggravation des conditions de travail, due aux exigences de rentabilité de plus en plus pressantes, asservit davantage encore le prolétariat. La détresse sociale est grande auprès de la majorité de la population, politiquement inexistante : seuls quelques milliers de fortunés sont autorisés à exprimer leur voix par suffrage censitaire.







Durant plusieurs générations encore, la pauvreté sera le lot des populations rurales et ouvrières, comme en témoignent les conditions de vie de cette famille de bûcherons luxembourgeois vers 1900. (ill.17)






















Le paysage changera avec la Révolution belge, qui mettra en difficulté la plupart des entreprises du pays. Un grand nombre d'hommes d'affaires se retirent aux Pays-Bas, à cause de leur sympathie trop affichée pour l'ancien régime orangiste. Des travailleurs s'engagent par milliers dans la jeune armée révolutionnaire. Les capitaux qui, autrefois, circulaient librement, restent bloqués dans l'attente de la régularisation du statut international du pays. Le commerce avec les provinces du Nord et tout l'empire colonial néerlandais, si dynamique pendant les quinze dernières années, sont interrompues du jour au lendemain, gelant l'essentiel du trafic des marchandises.


























La Société du Luxembourg, fondée par la Société générale des Pays-Bas, prend aussi la vague de front. Comment veiller aux intérêts de l'institution mère au Grand-Duché et poursuivre le creusement du canal de Meuse & Moselle dans un contexte aussi difficile ? Surtout que des troubles secouent encore régulièrement la région, rendant toute communication périlleuse...




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